Ce bulletin rassemble les résultats de la veille documentaire sur l'actualité en santé et domaines connexes. Cette veille se base sur la lecture de lettres d'actualités et de revues de presse en ligne, ainsi que sur le suivi de sites français et étrangers. Il est élaboré par les documentalistes de l'Irdes, Rouguiyatou Ndoye et Véronique Suhard.
De périodicité bimensuelle, ce bulletin de veille présente les nouveautés selon les thématiques suivantes :
• Démographie et mode de vie • Economie de la santé • Etat de santé • Handicap • Hôpital • NTIC : Internet, open data • Politique de santé, politique sociale • Prévention • Psychiatrie • Réglementation • Soins de santé primaires • Sondages • Travail et santé • Vieillissement • Nominations
Alors que la France a longtemps résisté
à la baisse de la natalité, elle a désormais rejoint la
dynamique mondiale de déclin démographique. Mais celle-ci est
généralement abordée, dans le débat public, sous l'angle des
courbes sans traiter une question plus structurante : à quoi
ressemblera concrètement le pays si ces trajectoires se
poursuivent ? Quelles en seront les implications concrètes ?
C'est ce à quoi s'emploie Dylan Buffinton dans cet exercice de
prospective, donnant à voir la France de 2050 selon le scénario
qu'elle aura choisi et montrant les leviers qu'il reste encore
possible d'activer.
> Think
tank Fondation Jean Jaurès, 2 septembre 2026
Soins dentaires, médicaments, transports sanitaires, dispositifs médicaux… Plusieurs transferts de charges doivent entrer en vigueur d'ici 2027. Une fois de plus, les mutuelles et les patients seront fortement mis à contribution. Cinq questions pour mieux comprendre les changements annoncés et les enjeux du financement de la santé.
Le projet de décret soumis pour consultation fixe désormais les deux plafonds à 70 euros chacun, contre 50 actuellement, soit jusqu'à 140 euros par an. Une entrée en vigueur est prévue au 1er octobre 2026.
> Le Monde, 20 août 2026 (accès abonnés)
Ce dossier rassemble des recherches réalisées à partir de l'enquête Épidémiologie et conditions de vie sous le Covid-19 (Epicov), une enquête nationale de grande envergure, représentative de la population de France hexagonale et de trois départements d'outre-mer (Martinique, Guadeloupe et La Réunion).
Parmi les seize engagements pris lors de cette conférence figure le renforcement de « l'accès à la santé » qui constitue une des priorités, tant sur le champ de la prévention que des soins.
Les propositions portent notamment sur : l'amélioration de la connaissance de l'état de santé des personnes en situation de handicap via l'appariement entre données des MDPH et données de l'Assurance maladie ; la création d'un comité stratégique national santé-handicap et de comités départementaux santé et handicap ; une meilleure formation des professionnels de santé aux spécificités de l'accompagnement des personnes en situation de handicap ; la construction d'une offre de santé lisible et accessible par territoire via la mise en place de référents handicap dans chaque CPTS, l'instauration progressive d'une consultation longue et la poursuite du développement de l'offre pour les soins spécialisés dits de second recours.
> handicap.gouv.fr (dossier de presse)
La Direction de la recherche, des
études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie une
étude sur les hôpitaux de proximité, leur capacité d'accueil,
leur implantation sur le territoire ainsi que sur le profil des
patients accueillis et de leurs médecins. Elle s'appuie sur les
données issues de la statistique annuelle des établissements de
santé pour l'année 2024.
> Site
de la Drees
Le Premier ministre a confié à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et à l'Inspection générale des finances (IGF) une mission visant à dresser un état des lieux du temps de travail des médecins en ville et à l'hôpital. La mission devait notamment recenser les données disponibles, analyser les évolutions du temps de travail médical et les dispositifs permettant de l'optimiser, et examiner l'organisation et le pilotage du temps de travail dans les hôpitaux publics.
À l'occasion de la journée de la Filière IA et Cancers, Nicolas Scotté, directeur général de l'Institut national du cancer, et Hela Ghariani, directrice de la Plateforme des données de santé, ont signé un accord-cadre. Conclu pour une durée de quatre ans, il vise à consolider la collaboration entre les deux institutions autour du déploiement du registre national des cancers, confié à l'Institut par la loi du 30 juin 2025, ainsi que la structuration des données de cancérologie.
> Institut national du cancer, 4 septembre 2026
L'Assurance maladie - Risques professionnels met à disposition du grand public un ensemble de données sur les accidents du travail, les accidents de trajet et les maladies professionnelles, pour les salariés du régime général. Comment évolue le nombre de sinistres ? Comment se répartissent-ils sur le territoire français ? Quelles sont les causes de ces sinistres ? Quels sont les secteurs d'activité concernés ? Quel est le coût financier ?
Depuis 2018, la politique de vaccination a connu d'importantes évolutions, avec l'extension des obligations vaccinales des nourrissons (passées de 3 à 11) et l'élargissement des professionnels habilités à vacciner. Le rapport de la Cour, qui a bénéficié d'un comité d'accompagnement composé d'universitaires et de professionnels de santé, s'est donc attaché à évaluer dans quelle mesure cette politique publique a atteint les principaux objectifs assignés par les pouvoirs publics depuis 2018. Centrée sur la population générale, hors vaccination de crise (en particulier celle contre le Covid 19), cette évaluation examine l'impact des modifications introduites sur la couverture vaccinale de la population, l'efficience des stratégies vaccinales ainsi que leur effet sur les inégalités sociales et territoriales en matière de vaccination. Elle ne s'est pas intéressée à la vaccination des professionnels de santé ni à celle des voyageurs. Alors que les dépenses ont atteint 1,4 Md€ en 2024, en hausse de près de 70 % depuis 2018, la mobilisation des vaccinateurs, l'évaluation de l'efficience et le ciblage des populations les moins bien couvertes doivent être renforcés.
> Cour des comptes, 7 septembre 2026
La feuille de route Santé sexuelle 2026-2030 vise à garantir un accès effectif, inclusif et équitable à la santé sexuelle pour tous, tout au long de la vie. Elle s'appuie sur cinq axes majeurs : promotion et éducation (notamment auprès des jeunes), amélioration des parcours de dépistage et de soins, réponse coordonnée au chemsex, développement des connaissances et adaptation aux territoires ultramarins. La stratégie prévoit 22 actions concrètes, comme l'extension de la consultation longue de santé sexuelle, l'ouverture de nouveaux centres spécialisés, et des campagnes contre la désinformation.
> Ministère
chargé de la santé
> Hospimédia,
7 septembre 2026 (accès abonnés)
Pour la première fois depuis la réforme de 2007-2008, l'Inspection générale des affaires sociales dresse un état des lieux du dispositif français de prise en charge des addictions. Toutes addictions et tous publics confondus, avec une attention particulière portée aux jeunes, aux femmes et aux publics en situation de précarité, la mission fait le constat d'un système aux fondamentaux solides mais sous forte tension, malgré l'engagement des professionnels. Elle formule des recommandations pour en consolider le pilotage et améliorer le repérage et l'accès aux soins.
La prévention en santé est l'ensemble des actions menées dans le but d'améliorer la santé publique. L'objectif est d'éviter l'apparition de troubles ou maladies qui pourraient affecter la population et de faire progresser son état de santé général. L'article 54 de la LFSS pour 2026 prévoit la création d'un « parcours d'accompagnement préventif sur prescription médicale » pour les « assurés sociaux souffrant d'une pathologie à risque d'évolution vers une affection » de longue durée (ALD). Dans ce contexte, la Haute Autorité de santé (HAS) a été saisie par le ministère des Solidarités et de la Santé afin d'identifier « des critères médicaux ouvrant droit à une prise en charge au titre du statut créé par l'article 54 de la LFSS pour 2026 » dans le cadre d'un parcours d'accompagnement préventif (PAP).
La Direction générale de la Santé publie un document de référence consacré aux politiques de prévention et de santé publique. Il propose une vision d'ensemble des documents de planification existants et de leur articulation, tout en présentant les grandes orientations qui guideront l'action de la DGS dans les prochaines années.
> Site du ministère chargé de la santé
Ces dernières années, la santé mentale a fait l'objet d'une intense actualité médiatique et politique, au point d'être proclamée « grande cause nationale » en 2025. Cette préoccupation apparaît encore plus marquée lorsqu'il s'agit de la santé mentale des jeunes. Articles de presse, émissions, prises de position de professionnel·les et d'acteurs du champ alertent sur un état jugé particulièrement dégradé, notamment depuis la crise sanitaire du Covid-19. S'est ainsi progressivement imposée une forme d'évidence sociale concernant l'ampleur d'une « crise » de la santé mentale des jeunes. La notion même de « santé mentale » n'est pas neutre. Elle renvoie à une définition élargie, institutionnalisée par l'Organisation mondiale de la santé, comme état de bien-être, et non plus seulement absence de trouble. Ce passage de la psychiatrie à la santé mentale élargit considérablement le périmètre d'analyse. De même, la catégorie des « jeunes » est plurielle, traversée par des statuts sociaux et des conditions d'existence différenciées. L'enjeu de cette revue de littérature est double : objectiver les réalités empiriques de l'état de santé mentale des jeunes et analyser la construction sociale et politique contemporaine de la « crise » de la santé mentale des jeunes.
Le Cercle Asclépios-santé, think tank spécialisé dans la santé, publie neuf propositions pour améliorer la prise en charge des problèmes de santé mentale. Fondée sur une approche territoriale avec la psychiatrie de secteur dans les années 70, celle-ci a connu des évolutions qui, bien que réelles, mériteraient d'être amplifiées et complétées, dans une optique large, allant de la prévention à la recherche.
> Santementale.fr, 8 septembre 2026
Ces quatre décrets poursuivent un même objectif : améliorer la soutenabilité financière de l'Assurance maladie en transférant une partie des dépenses vers les organismes complémentaires. Cela se traduit par une baisse des remboursements de l'Assurance maladie à partir du 1er janvier 2027. Pour les soins dentaires, la participation des patients passe désormais de 35-45 % à 50-60 %. Pour les dispositifs médicaux inscrits sur la liste des produits et prestations, aides auditives et lunettes comprises, de 40-50 % à 50-60 %. Pour les transports sanitaires, de 45-55 % à 50-60 %. Au total, entre 1,5 et 1,7 milliard d'euros de dépenses pourraient être transférés vers les complémentaires santé.
> Le Quotidien du médecin, 25 août 2026
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude sur le temps de travail des médecins généralistes, à partir de la première vague d'enquête du cinquième panel d'observation des pratiques et conditions d'exercice en médecine générale menée fin 2025.
Le Premier ministre a confié à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et à l'Inspection générale des finances (IGF) une mission visant à dresser un état des lieux du temps de travail des médecins en ville et à l'hôpital. La mission devait notamment recenser les données disponibles, analyser les évolutions du temps de travail médical et les dispositifs permettant de l'optimiser, et examiner l'organisation et le pilotage du temps de travail dans les hôpitaux publics.
Cette étude permet de documenter les parcours de soins des personnes souffrant d'un syndrome du canal carpien en France hexagonale et le processus de déclaration ou non en maladie professionnelle. Concernant les parcours de soins, certains résultats tels que le non-recours aux soins par exemple, nécessiteraient une exploration complémentaire. Concernant la déclaration en maladie professionnelle, il est recommandé de renforcer la formation des médecins généralistes sur les maladies professionnelles et de poursuivre les campagnes d'information du grand public relatives aux troubles musculo-squelettiques (TMS).
> Site de Santé publique France
De nombreux travailleurs sont concernés par le travail en horaires dits « atypiques », c'est-à-dire des horaires longs, décalés ou durant le week-end. Selon les scénarios retenus, entre 55 % et 75 % des travailleurs en France sont concernés par au moins une forme d'horaire atypique selon l'expertise de l'Anses. Dans son avis publié en septembre 2026, l'Agence met en lumière leurs effets sur la santé et la vie sociale et familiale et appelle, en conséquence, à limiter le recours régulier aux horaires atypiques ou, quand il ne peut être évité, à mieux préparer et encadrer leur mise en place. Les employeurs sont notamment appelés à expliciter et à peser les avantages et les inconvénients du recours aux horaires atypiques. En effet, au-delà de la prise en compte des effets de ces horaires sur la santé, l'Agence estime que cette réflexion doit dépasser le seul cadre de l'entreprise pour prendre en compte l'impact de cette organisation sur l'ensemble de la société : surcoûts supportés par la collectivité, surconsommation d'énergie, accès aux services publics notamment de transport, etc.
La perte auditive, qui survient avec l'âge, reste insuffisamment dépistée et prise en charge. Les données montrent pourtant clairement que le fait de porter des appareils auditifs prévient les chutes ainsi que le déclin cognitif. Ne pas suffisamment prendre en charge la question de l'audition dans les politiques du grand âge a un coût sanitaire, mais aussi économique.
> The Conversation, 7 septembre 2026
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publie des premiers résultats, au niveau national, sur les bénéficiaires des aides sociales départementale aux personnes âgées ou handicapées fin 2025 et en séries longues. Ils sont publiés de façon avancée par rapport au calendrier habituel de diffusion et sont provisoires. Ces résultats offrent un premier éclairage sur les tendances nationales, avant la publication des données définitives prévue fin 2026. Les données brutes transmises par les 95 conseils départementaux ayant répondu à l'enquête sont également mises à disposition.
Un décret publié au Journal officiel le 9 août dernier rend obligatoire la transmission à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) de trois nouveaux indicateurs relatifs aux ressources humaines dans les Ehpad : le taux d'encadrement des résidents par les personnels médicaux, paramédicaux et socio-éducatifs, le taux d'absentéisme du personnel et le taux de rotation des effectifs. Ces données viennent compléter les informations déjà accessibles au public depuis 2016 sur le site pour-les-personnes-agees.gouv.fr, créé afin de renforcer la transparence sur l'offre de services et les tarifs pratiqués par les Ehpad, et ainsi permettre aux résidents et à leurs familles de disposer d'une information plus complète et fiable.
À l'automne 2026, le Gouvernement réunira la conférence nationale de l'autonomie pour fixer un cap à court et moyen terme. Cette consultation a pour objectif de recueillir les idées et les avis des Français sur plusieurs des six priorités de la mobilisation France autonomie : agir pour vieillir en bonne santé (comment maintenir son autonomie) ; diversifier les lieux de vie (domicile, habitats partagés, etc.) ; valoriser les métiers de l'autonomie (formation, attractivité, conditions de travail) ; transformer les Ehpad en Maisons France autonomie (des lieux ouverts et attractifs) ; aider les aidants (famille, proches, bénévoles)
ISSN 2824-9658