« MARDIS DE L'IRDES » : HISTORIQUE 2026

Les séminaires « Mardis de l'Irdes » présentent des travaux de recherche finalisés ou en cours.

Ils répondent à deux objectifs :

  • présenter et discuter les travaux effectués par les chercheurs de l'Irdes,
  • valoriser et échanger sur les travaux réalisés par des équipes de recherche extérieures à l'Irdes.

Les « Mardis de l'Irdes » se déroulent généralement un mardi à 11h00 à l'Irdes et sont ouverts aux personnes extérieures (chercheurs, administrations, professionnels de santé, etc.). La durée d'un séminaire est au maximum d'une heure et demie, soit jusqu'à 45 minutes d'exposé et 45 minutes de discussion.

Les séminaires de recherche de l'Irdes dans leur version historique sont désormais intégrés aux « Mardis de l'Irdes ».

L'équipe organisatrice est constituée de Clara Dugord, Coralie Gandré et Rémi Yin. Pour toute difficulté/question, n'hésitez pas à nous contacter à seminaire@irdes.fr.





Mobilités géographiques des jeunes soignants : d'où viennent-ils, où vont-ils ? Profils et déterminants des mobilités de formation et d'insertion

Présentation : Fouquet F. (Lyon 1 Université, ISFA - Laboratoire SAF)
Discutant : Mousquès J. (Irdes, EHESP)

Mardi 7 avril 2026

La France, comme de nombreux pays de l'OCDE, fait face à la fois à un manque de personnels soignants et à une répartition inégale de l'offre de soins sur le plan géographique. Les zones en pénurie d'offre de soins, dans lesquelles la densité médicale est faible, sont en particulier des zones rurales, bien que des territoires plus urbanisés souffrent également aujourd'hui de « désertification médicale ». Partant de ce constat, ce travail vise à identifier, d'une part, les déterminants des comportements de mobilité géographique des personnels infirmiers et aides-soignants et, d'autre part, les facteurs favorisant l'installation dans une zone rurale ou urbaine en début de carrière professionnelle.
Ce travail documente l'impact des différentes trajectoires de mobilité sur le choix d'installation des individus, en s'appuyant sur la typologie de mobilités successives proposée par Faggian et al. (2007). Il permet également d'étudier l'hypothèse de « rural pipeline » évoquée par la littérature, selon laquelle les professionnels de santé issus de zones rurales auraient une probabilité plus forte de s'y installer à la fin de leurs études. Pour ce faire, nous mobilisons les données des enquêtes Génération du Céreq, qui permettent d'étudier la période d'insertion professionnelle des jeunes, tant sur le plan individuel que géographique.
Notre étude montre notamment que les mobilités de formation sont liées à la disponibilité ou non de l'offre de formation dans le territoire d'origine, tandis que les mobilités d'insertion semblent avant tout liées à une prise d'indépendance vis-à-vis des parents à la sortie des études. Il apparaît également que les individus plus mobiles ont une probabilité significativement plus faible de s'installer en zone rurale à la sortie des études, bien que les mobilités de retour vers le département d'origine atténuent cet effet.


Le fardeau des facteurs de risques psychosociaux : quel impact sur la santé des professionnels de santé hospitaliers ?

Auteurs : Augé E. et Mousquès J. (Irdes)
Discutant : Sirven N. (Université Rennes, EHESP, CNRS, Inserm, Arènes - UMR 6051, RSMS - U1309 et Irdes)

Mardi 17 mars 2026

En s'appuyant sur les modèles théoriques de stress au travail, cette étude vise à mesurer l'impact des facteurs de risques psychosociaux sur la santé des soignants hospitaliers, et à analyser comment certaines ressources professionnelles - l'autonomie, le soutien social et la récompense - peuvent modérer les effets de l'intensité du travail sur la santé. À partir de l'enquête "Conditions de travail et risques psychosociaux" (2016), les résultats montrent un impact négatif des facteurs de risques psychosociaux sur la santé mentale, en particulier sur les troubles anxieux et les épisodes dépressifs majeurs. Ces effets sont portés par les infirmières et les sages-femmes. Les estimations prenant en compte les interactions entre les différentes dimensions observées confirment que si l'intensité du travail détériore la santé mentale, les ressources professionnelles jouent un effet protecteur, atténuant ces effets délétères. Les résultats sont plus mitigés sur la santé physique et les maladies chroniques. Ils soulignent la nécessité d'agir sur les leviers organisationnels du travail pour soutenir la santé mentale des soignants, et de renforcer la durabilité du système de soins.


Coûts et résultats de santé : le cas de l'infarctus aigu du myocarde dans les hôpitaux français

Présentation : Walter K. (Upec), Videau Y. (Upec), Sirven N. (EHESP)
Discussion : Or Z. (Irdes)

Mardi 10 février 2026

Cette étude examine la relation entre les coûts et les résultats de santé à partir de séjours pour infarctus aigu du myocarde en France. Bien que les modèles théoriques supposent généralement que la qualité est coûteuse, la littérature empirique présente des résultats contrastés, qui s'expliquent par l'hétérogénéité des travaux. Les deux contributions majeures de cette étude sont l'utilisation de données individuelles de coûts de production hospitaliers et la décomposition des coûts totaux - issus de l'Étude nationale de coûts (ENC) - en coûts directs et indirects.

Notre échantillon comporte 56 691 patients admis dans les hôpitaux français entre 2015 et 2021. Les coûts directs (1 819 € en moyenne) représentent l'activité médicale directement attribuable au séjour, telle que les médicaments et les dispositifs médicaux, tandis que les coûts indirects (3 750 € en moyenne) couvrent la logistique, les activités cliniques et les plateaux médico-techniques. Le modèle économétrique utilisé prend en compte la potentielle endogénéité des coûts - l'établissement pouvant allouer plus de ressources aux patients perçus comme à risque - en testant différents instruments (la structure financière, la structure immobilière et le prix moyen de l'immobilier au m² de la commune), dans un cadre multiniveau. Les résultats de santé étudiés sont la mortalité et les taux de réadmission à 7, 30 et 365 jours. Les résultats soulignent une association entre des coûts plus élevés et de meilleurs résultats de santé. Cependant, si ce lien est très significatif pour les résultats de santé à 7 jours, il est moindre à 30 jours et à 365 jours. La décomposition des coûts hospitaliers entre coûts directs et indirects met cependant en évidence un lien entre des coûts indirects plus élevés et de moins bons indicateurs de mortalité.