« MARDIS DE L'IRDES » : HISTORIQUE 2026

Les séminaires « Mardis de l'Irdes » présentent des travaux de recherche finalisés ou en cours.

Ils répondent à deux objectifs :

  • présenter et discuter les travaux effectués par les chercheurs de l'Irdes,
  • valoriser et échanger sur les travaux réalisés par des équipes de recherche extérieures à l'Irdes.

Les « Mardis de l'Irdes » se déroulent généralement un mardi à 11h00 à l'Irdes et sont ouverts aux personnes extérieures (chercheurs, administrations, professionnels de santé, etc.). La durée d'un séminaire est au maximum d'une heure et demie, soit jusqu'à 45 minutes d'exposé et 45 minutes de discussion.

Les séminaires de recherche de l'Irdes dans leur version historique sont désormais intégrés aux « Mardis de l'Irdes ».

L'équipe organisatrice est constituée de Clara Dugord, Coralie Gandré et Rémi Yin. Pour toute difficulté/question, n'hésitez pas à nous contacter à seminaire@irdes.fr.





Intégrer les soins médicaux dans le financement des Ehpad : le passage au forfait global réduit il les hospitalisations et les coûts de soins ?

Présentation : Culioli P. (IPP), Penneau A. (Irdes), Roy D. (IPP)
Discussion : Or Z. (Irdes)

Mardi 12 mai 2026

Contexte. L'Assurance maladie propose deux modèles de financement des soins médicaux en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Dans le forfait partiel, seuls les soins infirmiers et d'accompagnement à l'autonomie sont financés par la dotation de soins versée à l'établissement, tandis que les consultations médicales et les soins paramédicaux sont réglés individuellement via la carte Vitale du résident. Le forfait global intègre ces soins médicaux et paramédicaux dans la dotation de l'Ehpad. En transférant ainsi à l'établissement la responsabilité financière d'un ensemble de soins élargi, le forfait global a pour objectif de renforcer la coordination et la maîtrise des dépenses. Notre recherche a pour objectif d'évaluer l'effet du passage au forfait global sur les hospitalisations des résidents d'Ehpad et d'examiner les mécanismes pouvant expliquer cet effet.

Méthode. Entre 2015 et 2018, 134 établissements ont adopté le forfait global. Nous mobilisons l'enquête EHPA (Drees) appariée aux données du Système national des données de santé (SNDS) pour analyser les transformations organisationnelles associées au changement de financement, en particulier les profils et modes d'exercice des professionnels intervenant dans les établissements concernés. L'analyse porte également sur plusieurs indicateurs de résultats : nombre de jours d'hospitalisation, recours aux urgences, prescriptions potentiellement inappropriées et coûts des soins.

Résultats. Le passage au forfait global s'accompagne d'une augmentation de la probabilité d'employer directement des médecins généralistes ou d'autres professionnels de santé, même si cet effet reste limité (la contractualisation étant souvent préférée au salariat). Les résidents entrant dans les établissements après le changement présentent un historique d'hospitalisation un peu plus conséquent. Après ajustement de ces différences, on observe pour les nouveaux entrants une baisse des hospitalisations après la mise en place du forfait global. Malgré cette baisse, les coûts globaux (dotation + dépenses ambulatoires et hospitalières des résidents) sont supérieurs à ceux du forfait partiel, la dotation allouée aux établissements au forfait global étant plus élevée que celle du forfait partiel.

Conclusion. Par une meilleure intégration des soins, le forfait global peut contribuer à réduire les hospitalisations, et ainsi améliorer la qualité de l'accompagnement, mais ne permet pas de réduire le coût de la prise en charge, du moins dans les Ehpad observés sur la période 2015-2018.


Pour un système de santé soutenable et résilient : agir en amont face aux maladies chroniques

Présentation : Or Z. et Parry A. (Irdes)
Discussion : Pollak C. (Hcaam)

Mardi 21 avril 2026

Les maladies chroniques, qui représentent plus de 80 % des décès prématurés en France, interrogent la capacité du système de santé à améliorer la prévention et le diagnostic précoce, encore insuffisamment intégrés dans les pratiques. Dans le cadre d'un projet mené en collaboration avec le Partnership for Health System Sustainability and Resilience (PHSSR), cette étude analyse la façon dont le système de santé, traditionnellement centré sur des soins aigus et épisodiques, peut évoluer pour mieux répondre aux défis croissants posés par les maladies chroniques.

Le projet part du constat selon lequel, pour devenir plus soutenables et plus résilients, les systèmes de santé doivent engager une transformation profonde : passer notamment d'une approche réactive à une approche préventive, d'un modèle fragmenté à un modèle intégré, et d'une logique fondée sur le volume à une logique fondée sur la valeur. Si le système de santé français est reconnu pour ses bons résultats sanitaires et sa couverture universelle, il connaît néanmoins des tensions grandissantes liées à la hausse continue des dépenses sous l'effet de la transition démographique, du poids croissant des maladies chroniques, et de la pression financière induite par des traitements à la fois plus personnalisés et plus coûteux. L'organisation des soins historiquement centrée sur l'hôpital, le paiement à l'activité et l'autonomie du secteur médical libéral forment un contexte peu favorable à l'évolution vers un modèle davantage centré sur la prévention et sur le patient.

S'appuyant sur un cadre analytique commun, structuré autour de sept domaines clés de performance des systèmes de santé, cette présentation propose un panorama des principales caractéristiques du système de santé français. Elle identifie pour chacun de ces domaines les limites structurelles, ainsi que les leviers d'amélioration, et formule un certain nombre de recommandations pratiques. En analysant ce qui fonctionne, et ce qui fonctionne moins bien, nous souhaitons contribuer à une réflexion plus globale sur l'évolution du système de santé, afin qu'il puisse garantir non seulement une espérance de vie prolongée, mais aussi une santé pérenne et une meilleure qualité de vie pour tous.


Mobilités géographiques des jeunes soignants : d'où viennent-ils, où vont-ils ? Profils et déterminants des mobilités de formation et d'insertion

Présentation : Fouquet F. (Lyon 1 Université, ISFA - Laboratoire SAF)
Discutant : Mousquès J. (Irdes, EHESP)

Mardi 7 avril 2026

La France, comme de nombreux pays de l'OCDE, fait face à la fois à un manque de personnels soignants et à une répartition inégale de l'offre de soins sur le plan géographique. Les zones en pénurie d'offre de soins, dans lesquelles la densité médicale est faible, sont en particulier des zones rurales, bien que des territoires plus urbanisés souffrent également aujourd'hui de « désertification médicale ». Partant de ce constat, ce travail vise à identifier, d'une part, les déterminants des comportements de mobilité géographique des personnels infirmiers et aides-soignants et, d'autre part, les facteurs favorisant l'installation dans une zone rurale ou urbaine en début de carrière professionnelle.
Ce travail documente l'impact des différentes trajectoires de mobilité sur le choix d'installation des individus, en s'appuyant sur la typologie de mobilités successives proposée par Faggian et al. (2007). Il permet également d'étudier l'hypothèse de « rural pipeline » évoquée par la littérature, selon laquelle les professionnels de santé issus de zones rurales auraient une probabilité plus forte de s'y installer à la fin de leurs études. Pour ce faire, nous mobilisons les données des enquêtes Génération du Céreq, qui permettent d'étudier la période d'insertion professionnelle des jeunes, tant sur le plan individuel que géographique.
Notre étude montre notamment que les mobilités de formation sont liées à la disponibilité ou non de l'offre de formation dans le territoire d'origine, tandis que les mobilités d'insertion semblent avant tout liées à une prise d'indépendance vis-à-vis des parents à la sortie des études. Il apparaît également que les individus plus mobiles ont une probabilité significativement plus faible de s'installer en zone rurale à la sortie des études, bien que les mobilités de retour vers le département d'origine atténuent cet effet.


Le fardeau des facteurs de risques psychosociaux : quel impact sur la santé des professionnels de santé hospitaliers ?

Auteurs : Augé E. et Mousquès J. (Irdes)
Discutant : Sirven N. (Université Rennes, EHESP, CNRS, Inserm, Arènes - UMR 6051, RSMS - U1309 et Irdes)

Mardi 17 mars 2026

En s'appuyant sur les modèles théoriques de stress au travail, cette étude vise à mesurer l'impact des facteurs de risques psychosociaux sur la santé des soignants hospitaliers, et à analyser comment certaines ressources professionnelles - l'autonomie, le soutien social et la récompense - peuvent modérer les effets de l'intensité du travail sur la santé. À partir de l'enquête "Conditions de travail et risques psychosociaux" (2016), les résultats montrent un impact négatif des facteurs de risques psychosociaux sur la santé mentale, en particulier sur les troubles anxieux et les épisodes dépressifs majeurs. Ces effets sont portés par les infirmières et les sages-femmes. Les estimations prenant en compte les interactions entre les différentes dimensions observées confirment que si l'intensité du travail détériore la santé mentale, les ressources professionnelles jouent un effet protecteur, atténuant ces effets délétères. Les résultats sont plus mitigés sur la santé physique et les maladies chroniques. Ils soulignent la nécessité d'agir sur les leviers organisationnels du travail pour soutenir la santé mentale des soignants, et de renforcer la durabilité du système de soins.


Coûts et résultats de santé : le cas de l'infarctus aigu du myocarde dans les hôpitaux français

Présentation : Walter K. (Upec), Videau Y. (Upec), Sirven N. (EHESP)
Discussion : Or Z. (Irdes)

Mardi 10 février 2026

Cette étude examine la relation entre les coûts et les résultats de santé à partir de séjours pour infarctus aigu du myocarde en France. Bien que les modèles théoriques supposent généralement que la qualité est coûteuse, la littérature empirique présente des résultats contrastés, qui s'expliquent par l'hétérogénéité des travaux. Les deux contributions majeures de cette étude sont l'utilisation de données individuelles de coûts de production hospitaliers et la décomposition des coûts totaux - issus de l'Étude nationale de coûts (ENC) - en coûts directs et indirects.

Notre échantillon comporte 56 691 patients admis dans les hôpitaux français entre 2015 et 2021. Les coûts directs (1 819 € en moyenne) représentent l'activité médicale directement attribuable au séjour, telle que les médicaments et les dispositifs médicaux, tandis que les coûts indirects (3 750 € en moyenne) couvrent la logistique, les activités cliniques et les plateaux médico-techniques. Le modèle économétrique utilisé prend en compte la potentielle endogénéité des coûts - l'établissement pouvant allouer plus de ressources aux patients perçus comme à risque - en testant différents instruments (la structure financière, la structure immobilière et le prix moyen de l'immobilier au m² de la commune), dans un cadre multiniveau. Les résultats de santé étudiés sont la mortalité et les taux de réadmission à 7, 30 et 365 jours. Les résultats soulignent une association entre des coûts plus élevés et de meilleurs résultats de santé. Cependant, si ce lien est très significatif pour les résultats de santé à 7 jours, il est moindre à 30 jours et à 365 jours. La décomposition des coûts hospitaliers entre coûts directs et indirects met cependant en évidence un lien entre des coûts indirects plus élevés et de moins bons indicateurs de mortalité.